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Niger - Girafes


PROTECTION DU DERNIER TROUPEAU DE GIRAFES D'AFRIQUE DE L'OUEST AU NIGER

MILIEU CONCERNÉ : Zone soudano-sahélienne
ESPECE CONCERNEE : Girafe du Niger


Les girafes du Niger sont les dernières d’Afrique de l’Ouest et les uniques représentantes de la sous-espèce peralta. Autrefois répandues par milliers du Niger au Sénégal, elles ont été décimées par l’extension des zones cultivées, la chasse, le braconnage et la progression de la désertification.

En 1995, isolées sur le plateau forestier de Kouré et dans la vallée fossile du Dallol Bosso au sud-est de Niamey, capitale du Niger, les girafes ne sont plus que 50. Elles vivent au contact des hommes et de leur bétail dans l’une des régions les plus densément peuplées du Niger, où résident plus de 100 000 habitants. Cette cohabitation entre les hommes et les girafes est difficile. Ces dernières sont menacées par la disparition de la brousse arborée, dont elles consomment les feuilles et dont les hommes vendent et utilisent le bois. D’autres conflits naissent lorsque les girafes mangent les haricots dans les champs et les fruits des manguiers.

Bien que la biodiversité soit assez riche dans la zone, tous les grands mammifères ont disparu, victimes de la pression anthropique. La conservation de la girafe du Niger, classée « en danger » par l’UICN, a d’autant plus valeur de symbole pour la région.


Présentation du projet

ACTEUR : Association nigérienne pour la Sauvegarde des Girafes du Niger (ASGN)

Pour protéger le dernier troupeau de girafes de l’Afrique de l’Ouest, l’Association pour la Sauvegarde des Girafes du Niger (ASGN) s’est engagée depuis 2001 dans un processus d’accompagnement permanent des populations humaines de la «zone girafe». L’un des principes est de favoriser l’implication des hommes dans la gestion de la préservation des girafes en vue d’une cohabitation durable. Regroupant plus de 100 villages et hameaux, 5 communes rurales importantes (Kouré, Fakara, N’Gonga, Harikanassou et Fandou) sont concernées par les activités de l’ASGN. Celles-ci couvrent ainsi l’aire de concentration principale des girafes et les zones de migration récente.

Les actions de l'ASGN :
• Le soutien aux communautés locales par la mise en place d’activités génératrices de revenus, l’amélioration des productions agricoles, l’installation d’infrastructures collectives, le renforcement des capacités techniques des communautés…
• Le développement des actions de sensibilisation, par des ateliers villageois et scolaires et la création de clubs environnementaux.
• La contribution directe à la protection des girafes et de leur habitat, grâce à leur suivi et à la surveillance de la zone.

Grâce aux efforts de conservation menés par l’ASGN depuis 2001, la population de girafes compte plus de 450 individus (2016). 

Résultats

GESTION DURABLE DES MILIEUX

• Surveillance de la zone :
L’ASGN collabore avec les gardes-forestiers : elle les aide dans leur lutte contre la coupe de bois illégale et développe des alternatives à la déforestation.
Une signalétique a été installée dans la zone des girafes pour indiquer leur présence, leur statut et les actions menées pour leur protection.  

• Réhabilitation de la brousse :
L’ASGN restaure les zones dégradées : elle prépare les sols pour favoriser la régénération naturelle, élève des plants en pépinières et restaure le milieu par la plantation d’essences d’arbres comme l’acacia. Ces plantations améliorent  la fertilité des sols agricoles et permet d’accroître la disponibilité fourragère pour le bétail et les girafes.
PROTECTION ET SUIVI DE LA FAUNE

• Comptage annuel : 
Tous les ans, les girafes sont recensées par la méthode de la photo-identification en collaboration avec les autres acteurs locaux et le Ministère de l’Hydraulique et de l’Environnement. 


• Suivi des girafes :
L'ASGN coordonne un réseau d'informateurs locaux qui permet d'obtenir des données précises sur l'écologie des girafes et l'état de la population (localisation et déplacements saisonniers, naissance et mortalité...). 
SENSIBILISATION

Equipe de terrain : 4 animateurs/agents de conservation sont en poste dans les communes rurales concernées par la présence des girafes.

Réunions d’information : les villages participent à des réunions d'information et d'échanges pour initier et entretenir des actions conjointes de conservation et de développement.

• Création de groupements villageois : ces organisations paysannes constituent le socle sur lequel s’appuie l’ASGN pour amorcer des actions. Féminins, masculins ou mixtes, ces groupements rassemblent des individus d’une même communauté qui décident d’unir leurs efforts pour prendre en main leur développement et améliorer leurs conditions de vie. L’ASGN les encadre, les accompagne pour officialiser leur statut auprès des autorités administratives et les aide à initier des projets. Plus de 300 groupements sont opérationnels (2016). 


APPUI AUX DEVELOPPEMENT LOCAL

L'un des moyens principaux de l'ASGN pour appuyer le développement des communautés est l'attribution de micro-crédits. Les groupements villageois reçoivent des prêts d'argent pour encourager le développement d'activités génératrices de revenus au sein des villages, telles que l'élevage, le maraîchage ou la restauration.

Chaque membre du groupement perçoit 38 € ou 15 € selon les activités à développer choisies. Prêté sans intérêt pendant 6 mois, l'argent est ensuite récupéré par l'ASGN au profit immédiat du groupement voisin.

L'ASGN dispose d'un fonds de micro-crédits de plus en plus important, permettant de couvrir un nombre de groupements et de villages croissant. 



• Elevage et petits commerces :
Près de 2000 microcrédits de 38 € sont été distribués à autant de villageois par an, soit un montant total de près de 65 000 €, pour développer des activités d'élevage et de vente.

• Agriculture :
En amont de la saison des pluies, l'ASGN distribue des micro-crédits dédiés à l'achat d'engrais pour enrichir les champs de mil. Ces crédits, d'environ 23 €, sont alloués à autant d’hommes (près de 30 000 € par an).

A la période de soudure, après la récolte du mil, l'ASGN octroie des microcrédits dédiés au maraîchage dit de contre-saison. Avec un prêt de 15 €, chaque membre achète des semences qu'il cultive dans des jardins communautaires à des fins de vente sur les marchés locaux. Ces crédits accordés aux femmes sont de 15 € (près de 30 000 € par an). 

Depuis 2010, l'ASGN a mis en place des pépinières (commune d'Harikanassou) pour la production d’essences forestières et fruitières permettant le renfort du stock fourrager pour le bétail.


• Accès à l’eau : depuis 2004, l’ASGN favorise l’accès à l’eau au cœur des villages et dans les jardins maraîchers : 3 puits villageois forés et d’autres entretenus et réparés, 20 portiques de puisage installés et 13 puits maraîchers creusés.

• Artisanat : depuis 2003, l’ASGN collabore avec le musée de Niamey afin de vendre, à la boutique du Bioparc et à d’autres partenaires, une partie de la production des artisans qui y travaillent  (sculptures animalières, bijoux, tissage…)

• Santé : depuis 2006, l’association française de ressources sanitaires Kibouj, amie du Bioparc, apporte son soutien à l’ASGN. Médecins, dentistes ou infirmières bénévoles du Maine-et-Loire se mobilisent pour fournir médicaments et matériel médical aux centres de santé de la zone Girafe. Plusieurs missions itinérantes sur le terrain ont permis à de nombreux villageois de bénéficier de consultations et de soins gratuits. En 2009, Kibouj a pris en charge le salaire d’une sage-femme installé dans la zone girafe. Ce salaire est désormais (2012) pris en charge par le gouvernement.

• Solidarité : en 2009, l’ASGN a accueilli pendant 3 semaines l’Atelier Jeunes et Partages (Lille), structure associative de réinsertion pour les jeunes, afin de mener une action solidaire en faveur du développement local des villages.

Rôle du BIOPARC

Soutien principal de l’ASGN depuis 2001, le BIOPARC est devenu son représentant européen en 2009.

Il finance les différentes activités de l’ONG et accompagne l’équipe quotidiennement  tant au niveau stratégique, que humain (conseil, personnes ressources, formation) et matériel (logistique, communication). Le Bioparc mobilise aussi de nombreux partenaires pour permettre à l'ASGN d'étendre ses actions. 

Les autres partenaires : South Lakes Wild Animal Park (UK), Zoo de Maubeuge (Fr), Zoo de Champrepus (Fr), Zoo de La Barben (Fr), Zoo de Lyon (Fr),  Association SECAS, Association KIBOUJ (Fr), Société Comrest (Fr).