Niger – Girafe

Depuis 2001, l’Association pour la Sauvegarde des Girafes du Niger (ASGN) accompagne les populations humaines résidant dans la zone de répartition des girafes du Niger, pour favoriser la préservation des girafes en vue d’une cohabitation durable.

Dernières d’Afrique de l’Ouest et uniques représentantes de la sous espèce Giraffa camelopardalis peralta, ces girafes étaient autrefois répandues par milliers du Sénégal au Niger. Décimées par l’extension des zones cultivées, la chasse et la progression de la désertification, elles se sont réduites dans les années 80 au sud-est du Niger dans une zone peuplée, marquée par l’élevage et la culture du mil.

En 1996, isolées sur le plateau forestier de Kouré et dans la vallée fossile du Dallol Bosso au sud-est de Niamey, capitale du Niger, les girafes ne sont plus que 49. Elles vivent au contact des hommes et de leur bétail dans l’une des régions les plus densément peuplées du Niger, où résident plus de 100 000 habitants. Cette cohabitation entre les hommes et les girafes est difficile et des conflits naissent.

Pour protéger le dernier troupeau de girafes de l’Afrique de l’Ouest, l’association nigérienne ASGN s’est engagée depuis 2001 dans un processus d’accompagnement permanent des populations humaines de la «zone girafe». L’un des principes est de favoriser l’implication des hommes dans la gestion de la préservation des girafes en vue d’une cohabitation durable.

Depuis 1996, le nombre de girafes n’a cessé de croître grâce aux actions de l’ASGN : suivi des girafes et de leur habitat, sensibilisation et soutien aux villageois par le développement d’activités génératrices de revenus, amélioration des productions agricoles, installation d’infrastructures collectives et soutien sanitaire.

Seule association en permanence sur le terrain depuis plus de 20 ans, accompagnée par le Bioparc depuis 2001, l’ASGN a permis une harmonie et une population de plus 600 girafes aujourd’hui. Elle est aussi un acteur local reconnu dans la résolution des conflits homme-animal et la conservation des girafes.


Association soutenue : Association pour la Sauvegarde des Girafes du Niger

  • Association basée à Niamey, capitale du Niger
  • Equipe nigérienne de 8 personnes

L’ASGN intervient dans 5 communes, regroupant chacune plusieurs villages et hameaux, Harikanassou, Kouré, N’Gonga, Fandou et Kiota, toutes concernées par la présence des girafes. Association influente, elle est la seule présente sur le terrain depuis 20 ans aux côtés des girafes et des villageois.


Rôle du Bioparc

  • Soutien principal de l’ASGN depuis 2001
  • Représentant européen de l’ASGN
  • Soutien financier et accompagnement quotidien

La rencontre entre l’ASGN et le Bioparc en 2001 a été déterminante pour le développement du projet de conservation des girafes du Niger. En apportant son accompagnement quotidien et mobilisant des fonds importants, le Bioparc a permis à l’ASGN de se structurer durablement, de financer son fonctionnement global, et d’agir efficacement sur le terrain.

Fonds versés en 2019 : 60 000 €
28 000 € par le Bioparc et 32 000 € par Bioparc Conservation


Une population de girafes connue et croissante

L’ASGN est l’initiateur du méthodique comptage par photo-identification des girafes. A l’aide d’un scientifique missionné par le Bioparc, l’ASGN a mis en place les albums d’identification des girafes, par prise de photo systématique des deux profils de chaque individu observé et répertorié. Elle a ainsi géré le comptage des girafes entre 2005 et 2014, en faisant collaborer, et en formant par la même occasion, les autres acteurs locaux et les agents de la Direction de la faune ministérielle. Le but ultime, réussi, ayant été de faire grandir la considération du gouvernement pour prendre part efficacement au suivi et à la protection des girafes et de leur faire prendre en charge le comptage.

L’ASGN a su former et entretient un réseau d’informateurs locaux – villageois et autorités dépêchées sur le terrain. Depuis plusieurs années, l’ASGN est la première structure à être informée de tous faits concernant les girafes, naissance, mort, problèmes de cohabitation et mouvements et localisation des troupeaux. L’existence et le fonctionnement de ce réseau montrent le niveau d’implication élevé des locaux et permet à l’association de centraliser et faire remonter des informations essentielles sur la surveillance générale de la population de girafes.

1996 : 49 girafes
2019 : plus de 600 girafes !
La population de girafes du Niger est la seule population croissante de toutes les (sous) espèces confondues de girafes.


Une cohabitation positive avec les villageois

La cohabitation positive se réalise à travers des ateliers et des organisations paysannes que l’association créée avec les villageois. 120 villages sont concernés avec la création et l’accompagnement de plus de 600 groupements. Ceux-ci représentent des espaces d’échanges et de réflexion, où les problématiques sont exposées, où la sensibilisation est faite et où les initiatives et décisions se dessinent. Ils sont aussi le socle sur lequel s’appuie l’ASGN pour mettre en place ses actions de développement local. Ces ateliers et ces organisations paysannes participent à l’implication et la responsabilisation des hommes dans la protection des girafes.
C’est à ces groupements, essentiellement composés de femmes, que l’ASGN octroient des microcrédits pour leur permettre de développer des activités génératrices de revenus (élevage, culture maraîchères, petits commerces). De 15 à 40 € sont prêtés par personne, les sommes sont remboursées au bout de 6 mois et instantanément redistribuées à un autre groupement.
Avec le Bioparc, l’ASGN a constitué un fonds utilisé en permanence dans les villages et qui nous permet, depuis 2010, d’octroyer plus de 100 000 € chaque année, impactant 3000 familles par an.

3000 familles bénéficient chaque année de microcrédits pour créer des activités génératrices de revenus

Les jardins maraîchers, directement en lien avec les microcrédits pour acheter des semences, sont installés en marge des villages, avec l’aide de l’ASGN, qui finance aussi la création de puits durables installés dans les jardins pour faciliter le puisage de l’eau. Aussi, selon les moyens disponibles, des puits plus profonds dans les villages sur le plateau sont creusés et équipés de système de puisage efficace, et les centres de santé bénéficient d’un soutien en formation et matériel.
L’ASGN implique les villageois dans des actions de plantations : soit la préparation de sols afin qu’ils se régénèrent naturellement, soit la plantation pour renforcer le potentiel fourrager près des villages et limiter ainsi le dispersement du bétail, soit la plantation d’essences forestières consommées par les girafes qui, fixatrices d’azote, permettent également d’enrichir les sols.

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