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Sénégal - Gazelle dorcas


CONSERVATION DES GAZELLES DORCAS AU SENEGAL

La gazelle dorcas, Gazella dorcas, était auparavant très répandue dans les plaines désertiques et semi-désertiques du Nord de l’Afrique, du Sahel à la mer méditerranée, et des côtes atlantiques à la mer rouge. Désormais, elle a complètement disparu de certaines zones qu’elle occupait comme au Sénégal et seuls de petits groupes de populations subsistent dans le Sahara occidental. La principale cause de la disparition des gazelles dorcas dans leur milieu naturel est la chasse intensive de l’espèce.

Largement représentée jusque dans les années 50 au nord de l’Afrique, la population de gazelles dorcas est aujourd’hui très fragile. Elle est considérée comme « Vulnérable » par l’IUCN dans la Liste Rouge des Espèces Menacées. Présente en captivité, elle bénéficie d’un programme d’élevage en Europe (EEP), coordonné par la Station Expérimentale des Zones Arides à Almeria, en Espagne.

Présentation du projet

Acteurs : EEZA - Station Expérimentale des Zones Arides (Alméria, Espagne) et la Direction des Parcs Nationaux du Sénégal
En 1970, un programme d’élevage ex-situ de gazelles dorcas est créé par l’EEZA afin d’assurer la survie de la gazelle dorcas en captivité et de fournir des individus aptes à la réintroduction. Les animaux sont élevés dans les zoos européens participant à l’EEP et, depuis 2002, réintroduits dans une aire protégée du Sénégal, en collaboration avec la Direction des Parcs Nationaux du pays. En effet, en 2002, le Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature du Sénégal fait part de son intention de réintroduire les gazelles dorcas, disparues du paysage sénégalais depuis plus de 30 ans. Est alors initiée avec l'EEZA une étude sur la viabilité d’un projet de réintroduction de l’espèce.
Le projet est depuis labellisé par WAZA, l’Association Mondiale des Zoos et Aquariums.
Étapes de la réintroduction
La réintroduction des gazelles se déroule en trois phases : la première consiste à sélectionner des gazelles en Europe, préparer les lieux de réhabilitation et organiser le transport des animaux vers une première réserve d’acclimatation au Sénégal. La deuxième consiste à suivre la population réintroduite et contrôler les naissances.
La troisième, à transférer les individus vers une réserve plus grande où les gazelles pourront évoluer en semi-liberté au contact d’autres espèces animales.

Le site d’acclimatation se situe dans la Réserve Spéciale de Faune de Guembeul d’une surface de 720 hectares. La réserve d’accueil définitif des gazelles est celle de Ferlo Nord, une réserve de faune de 487 000 hectares au nord-est du pays. Les gazelles y sont placées dans un espace clos de 660 hectares pour une vie en semi-liberté, nommé enclos de Katané.

Résultats


Réintroduction des gazelles :

En mars 2009, 23 gazelles ont été transférées depuis le site d’acclimatation de Guembeul vers le site de Katané de la réserve de Ferlo Nord. Ce transfert a été le point de départ de la troisième phase du projet. Dès lors, les nombreuses données acquises par suivi télémétrique (animaux équipés de colliers pour la première fois) permettent de comprendre et de mieux gérer les conditions d’adaptation dans ce mode de vie en semi-liberté. Elles permettent aussi d’identifier les besoins en ressources naturelles  des animaux et ainsi de définir la gestion adéquate du milieu, devant être bénéfique aux gazelles mais bien entendu aussi aux communautés locales.

Les 23 gazelles exploitent leur nouvel habitat en compagnie d’autres espèces de gazelles natives de la région ou réintroduites, comme l’oryx algazelle. Le retour au mode alimentaire naturel n’a pas posé de problème, l’interaction avec les prédateurs tels que les chacals a été un plus grand challenge durant la première année.
Sensibilisation :

Sans la collaboration et le consentement des populations riveraines locales, la réintroduction et la conservation des animaux ont peu de chances de réussir. Ainsi, l’échange avec les communautés Peuls résidant à Ferlo Nord est privilégié.

En novembre 2010, a eu lieu la première édition de la Fête de la Gazelle : un événement festif, réunissant communautés et autorités locales, agents de la direction des Parcs Nationaux et porteurs du projet, autour de la découverte de la gazelle et de l’importance de préserver la biodiversité.

A cette fête désormais annuelle, s’ajoutent des échanges permanents avec les communautés et l’organisation fréquente d’actions de sensibilisation, et éducatives. Les résultats sont très positifs à l’égard de l’attitude changeante des habitants envers le projet.

Pour remplir cette mission de sensibilisation, l’EEZA dispose de nombreux outils éducatifs. Parmi eux, trois films courts ont été réalisés pour exposer les trois phases du projet.

Rôle du Bioparc

Le BIOPARC soutient financièrement l’EEZA depuis 2010. Les fonds versés participent aux actions de sensibilisation telles que l'organisation de la Fête de la Gazelle et la création d'outils.